samedi 17 mars 2012

Faire salon

Ils sont ensemble, mais se dénigrent. Ils sont ensemble et se dénigrent. Mais ils sont ensemble. Ensemble à se dénigrer. Ensemble, de la même famille.
Ceux qui n’y sont pas -parce que pas pu, ou parce que dénigrants qui se respectent, ne pensent qu’à ça. À ceux qui sont ensemble. Là-bas. Ils préfèrent oublier. Ils ont fait ce qu’il fallait pour ça, autres rendez-vous, là où on m’aime, méthode Coué, surtout ne pas y penser
Ceux qui sont ensemble, là-bas, qui dénigrent, y sont finalement comme coqs en pâte, dénigrent peu. Parce que c’est la famille, quand même, on se reconnaît ; parce qu’ensemble, ça rassemble, et que finalement, ça se passe pas si mal. C’est aussi ce que pense le dénigrant : ça ne se passe pas si mal. On peut vivre sans, dirait-on. Ceux qui sont ensemble, là-bas, sur place, profiteront, et bientôt, seront contents de se quitter. Ça fait du bruit, pas mal de bruit, trop de bruit. Alors que le dénigrant aura bien pris soin d’étouffer tout bruit. Fera le sien. Étouffera l’autre, celui qui rappelle là-bas, là où il n’est pas. Chacun retournera dans ses pénates, content d’avoir été ensemble ou ailleurs. Tous auront vu la même chose ou carrément autre chose. Mais le « là-bas » aura été omniprésent.
Le dénigrement, quant à lui, continue à se porter comme fleur au fusil.

dimanche 22 janvier 2012

Mauvais

Personne ne l’aimait. Il n’en faisait pas grand cas et continuait son petit bonhomme de chemin. Seul. Droit dans ses bottes, droit devant lui. Un jour, son chemin se mit en travers de sa voie et lui demanda :
- Mais où vas-tu donc ainsi ?
- Je marche où bon me semble, rien de plus.
- Et moi qui te prenais pour un poète.
- Non, je suis mauvais en tout, foncièrement mauvais, c’est ce qu’on dit de moi. Et d’ailleurs, je te marche dessus, alors ça doit être vrai.
Le chemin l’accueillit à nouveau et murmura :
- D’accord. Pas de problème. Y’a pas de mal…

samedi 31 décembre 2011

De l'air

Il a pris un mot, un grand mot, le plus grand de tous les mots. Il l’a malaxé, doucement, afin de lui donner la forme voulue et l’a posé. Il en a choisi un deuxième, un peu moins grand mais légèrement plus épais, parfait ! et l’a déposé sur le premier. Les autres mots attendaient la suite, curieux. L’un d’entre eux s’est alors avancé d’un pas ferme, bien décidé à ce qu’on le choisisse pour recouvrir les deux mots. Il fut nonchalamment écarté. Trop sec. Du moelleux, il voulait du moelleux, du léger. Il a donné à un troisième un peu de volume, ainsi qu’à un quatrième, et les a empilés sur la structure ébauchée. Cela prenait forme. Plus que deux ou trois autres mots bien doux et cela irait. L’œuvre fut bientôt achevée. Il s’y installa bien confortablement et le tout ne tarda pas à s’élever, paisiblement. Levez les yeux. Il est tout là-haut, sur son petit nuage.

jeudi 29 décembre 2011

Bil-an

Je regrette
- la disparition de quelques-uns d’entre vous, notamment celle de Mû 
- l’abandon du POD d’HK/LR. Pourquoi ? On sait pas
- cette bizarre histoire de disparition d’
"Henry Chiparlart", (Chos’e), annoncée par un non moins mystérieux « légataire », "Kitagawa Cristoforo". Pas marrant de répondre à une demande de participation puis d’éprouver le sentiment d’avoir été manipulée ? bernée ? encore une fois, et moi comme d’autres sans doute, par des pseudos je sais pas quoi et pourquoi. Et en quête de quoi.
- d’avoir perdu (momentanément ?) le goût d’écrire ici. Voire d’écrire tout court. L’écriture est un partage, et j’ai des doutes sur ce partage
- ce manque d’enthousiasme
- et ce manque de temps. J’aurais aimé écrire, comme cela serait venu, sur de nouvelles parutions par des auteurs que j’aime bien : Thierry Roquet, Marlène Tissot, Guillaume Siaudeau, Jean, Fabrice Marzuolo, Éric Dejaeger. Et d’autres, aussi.

Je ne regrette pas
- les 130 écrits d’ici
- mes découvertes, mes lectures chez vous, ici et là
- les écrits donnés à des revues amies, ici ou là
- d’être un peu là, encore
- d’écrire ceci

C’est toujours ça.

Ceci dit, passons à 2012 qui nous réservera encore son lot de surprises. Que je vous souhaite bonnes.

jeudi 15 décembre 2011

Vu

Je ne verrai pas pourquoi
Je ne verrai pas parce que
Je ne verrai pas c’est tout
C’est tout ce qu’il y aura à dire
Je n’aurai rien deviné
Rien entendu
Rien vu
Je n’aurai même jamais idée
De tout ce que je ne verrai jamais
Va savoir pourquoi
Ça ne m’empêchera pas
De songer
À ce que jamais je ne verrai
Ça
C’est tout vu

(Sur une idée de Ce que je ne verrai pas)

lundi 12 décembre 2011

Blanc

Il a toqué à la porte de ses rêves
C’est moi, je peux entrer ?
Mais tous dormaient
Encore
Profondément 
 
Cauchemar du jour

mercredi 12 octobre 2011

Un grand trou

Une idée m’a traversé la tête
Elle y a fait un grand trou

C’était pourtant une pensée toute bête
Une idée qui n’avait l’air de rien

À présent c’est grand vent là-dedans
Tempête et hurlements

Nulle chance que ça s’arrête
Puisque qu'aucune idée
Forcément
Ne reste

On dit pourtant
Que j’ai l’air maintenant
Si ouvert

Mais quand je me prends la tête
À deux mains
 
Avant que tout s’échappe
À nouveau

J’entends bien
Qu’ils se trompent

Et le vent emporte leurs rire
s

En rafales